Lutte ouvrière prend ses origines en la personne de David Korner, alias Barta, jeune militant trotskiste roumain qui, avec trois autres camarades, rallie en 1936 les trotskistes français exclus de la SFIO qui viennent de constituer le Parti ouvrier internationaliste. Autour de lui le groupe s'élargit sensiblement lorsqu'avec d'autres il entre sur l'indication de Trotski au PSOP de Marceau Pivert (c'est l'« entrisme »). Indisposé par l'état d'esprit « petit-bourgeois » qui règne dans la IVème internationale au moment de l'éclatement de la seconde guerre mondiale, Barta se retire suite à un banal malentendu et avec son groupe composé alors d'une dizaine de militants il constitue modestement l'Union communiste (UC) avec l'intention d'établir « un contact réel et étendu avec la classe ouvrière »... L'UC se consacre principalement à la propagande contre la guerre. Sous l'occupation, le groupe se maintient et diffuse les premiers numéros de La Lutte de Classe, autant que possible, à l'image de Pierre Bois[1], alias Vic, jeune cheminot réfractaire au STO ou de Mathieu Bucholz, militant communiste finalement repéré et assassiné à la Libération par des militants du Parti communiste qui l'accusent d'être un nazi. L'injustice de ce crime conduit un jeune communiste de 16 ans, Robert Barcia alias Hardy, ami de Mathieu Bucholz, à basculer définitivement dans le trotskisme.
Robert Barcia, démissionnaire à l'été 1948 reparaît dès 1950 et en compagnie de Pierre Bois, toujours actif chez Renault, tente de recoller les morceaux. Pendant 5 ans le groupe tente de se reconstituer. Fondé en 1956 Voix Ouvrière regroupe beaucoup d'anciens du « groupe Barta ». Barta participe en écrivant des articles mais ne reprend pas sa place de dirigeant. Voix Ouvrière circule sous la forme d'un petit journal d'entreprise, pendant plusieurs années en collaboration avec un autre groupe le PCI-Lambert. Voix Ouvrière hebdomadaire commence à être diffusé à partir de 1963 d'abord sur 4 pages, puis sur 8. Après la révolte étudiante et la grève générale de mai-juin 1968, comme tous les mouvements se réclamant du trotskisme et d'autres mouvements d'extrême-gauche, Voix Ouvrière est interdite et dissoute par un décret du Président de la République du 12 juin 1968, en application de la loi du 10 janvier 1936 modifiée « sur les groupes de combat et milices privées ». Le mouvement se reforme immédiatement sous le nom de son journal rebaptisé Lutte Ouvrière puis se renforce en nombre et multiplie les bulletins d'entreprise. À partir de 1971 une initiative audacieuse donne naissance à la première fête de Lutte ouvrière, dans un champ, sur la commune de Presles dans le val d'Oise. Lutte ouvrière sera ensuite le premier groupe politique à présenter une femme aux élections présidentielles en 1974 en choisissant pour porte-parole et candidate nationale Arlette Laguiller. En 1981, c'est l'essor des radios libres et Lutte ouvrière s'y essaie avec « Radio La Bulle », sur un fond de Boléro de Ravel.L'expérience dure quelques mois. Lutte ouvrière connaît par la suite un succès médiatique et politique important. En 2002, Arlette Laguiller obtient 5,72% des voix aux élections présidentielles.
Lutte Ouvrière se revendique du trotskisme, qui est à ses yeux le seul courant communiste révolutionnaire à avoir toujours combattu le stalinisme, et à exister à l'échelle internationale. Cependant, contrairement à la plupart des autres groupes trotskystes, Lutte Ouvrière estime qu'aucune des organisations internationales qui se nomment elles-mêmes Quatrième Internationale ne constitue une véritable internationale. De même que Lutte Ouvrière milite en France pour la création d'un parti ouvrier révolutionnaire, elle milite pour la construction d'une véritable internationale.